ANNE SOPHIE PICQUART
16, Rue du Moulin des Près
75013

Paris 13

N°TVA :

Les jeux de mots de votre coach en écriture
22/11/2016

Quelques textes récents

Blues de la colo

7 juillet, 8.30, gare de Lyon, Paris. Les derniers jours avaient été difficiles : mercredi, audition de piano, jeudi, fleurs pour la maîtresse, vendredi, gâteau pour l’ultime compét’ qui doit offrir The Coupe à votre fille. La cloche sonne, vous avez pu vous libérer pour la sortie. «Bonjour Madame». «Vous êtes les parents du gentil Alfred ou de la charmante Albertine ?» L’année prochaine, il faudra augmenter la fréquence des sorties d’école, on dirait que l’instit ne vous reconnaît pas ! Tant pis, pas le temps…

Cartables rangés, un autre défi vous attend : préparer la valise pour la colo. La colonie : un système de garde sympa inventé pour combler les deux mois de vacances quand on n’est pas prof ! La liste et le bâton de colle à dispo,  un stylo à portée de main, ne restent plus que les étiquettes à disposer (qui a dit coudre ?!) sur les vêtements de nos bambins, même les chaussettes, dixit le résumé des organisateurs. Bien sûr, chaque année, vous maudissez votre sens de l’organisation. Vous auriez dû les faire avant, en même temps que les sempiternels certificats médicaux de non contre-indication à tel ou tel sport. Mais bon, que les parents, jamais débordés, vous lancent la première tong !

La valise est bouclée, les enfants sont excités. Vous cherchez au plus profond de votre être, de vos cours de Shiatsu et de vos souvenirs d’enfance, pour rester zen. Cette dernière soirée avec eux avant le départ se doit d’être cool.

Petit-déjeuner au lance-pierre, une place dénichée près de la gare (il y a un dieu pour les parents pressés), sprint final jusqu’à la gare. Ouf, gagné !

A nous, le joli temps libre, les soirées copains (car les parents aussi ont des amis) les réunions sans stress, le dernier Woody Allen, «Mamamia !» en mangeant une glace au chocolat, le cornet en guise de micro, des repas au resto avec son amoureux (le père, ou non, des enfants partis crapahuter) … Bref, le bonheur ! Une joie immense de deux jours, une semaine, dix jours… et la chambre vide vous rattrape. On envoie des lettres avec plein de bisous dedans, on guette le facteur en espérant une missive (ils ont des timbres bien rangés dans la poche droite de la valise). On garde le portable jamais trop loin, si la colo appelle… On tapote 1 puis dièse puis 3 puis Z puis le code séjour sur la boîte vocale à x euros la minute pour entendre des mômes sur un répondeur et ce n’est jamais le sien ! C’est comme la loterie, il y en a qui doivent être contents de les entendre. Ces enfants-là aussi ont des parents ! Les jours passent, on prend moins de plaisir à aller au ciné, on n’en peux plus de manger au resto, il n’y a plus de glace dans le frigo, on a regardé tous les dvd en retard. Et puis, que font-ils ? Vont-ils bien ? Pourquoi ne mettent-ils rien sur le site du séjour ? Se sont-ils faits des amis ? Alors, on attend que nos loulous, p’tits bouts, poutou, poupousse, et j’en passe, reviennent à la maison. Mais promis, ils retourneront en colo, c’est tellement bon… pour eux ! Extrait choisi d'une aventure quotidienne, celle d'être parent !

Le marathon du meuble de salon

La Billi si pratique lors de votre entrée en fac date un peu aux côtés de votre ordinateur immaculé, de votre baladeur pas plus grand qu’un paquet de chewing gum ou de votre écran plat. Mais votre budget s’avère serré. Après avoir consulté catalogues divers et variés, le meilleur choix reste encore cette entreprise d’origine suédoise aux quatre lettres jaunes. Devant l’entrée, la même ferveur, le même engouement, la même impatience, que lorsque vous étiez étudiant, devant le temple de la déco à moindre frais.

Les cotes en poche, vous poussez le tourniquet en plexiglas. Un mètre en papier à dispo, le crayon en bois… le marathon commence. Tel le parc de la souris aux grandes oreilles tout est fait pour ne rien rater des rayons. De flèche en flèche, vous voilà arrivé devant les meubles de salon. Magnifique, il est là celui que vous attendiez tant, celui qui changer votre salon désuet en couverture de Côté Sud (ou Nord comme vous voulez). Il brille de mille feux, il contiendra tous vos ouvrages de Mary Higgins Clark à la thèse de mécanique quantique appliquée aux poissons rouges. Vous ajoutez même une armoire. Paiement en trois fois après avoir montré patte blanche, RIB, fiche de paye et touti quanti. Vous repartez, les mains dans les poches, tout vous sera livré et cerise sur le gâteau, pour un pourcentage des achats, les meubles sont montés. Pour les gens dotés de deux mains gauches, c’est magique ! Vous avez même la date. Le bonheur…

Petit sms reçu, vous restez confiante. La date est respectée. Entre 8.00 et 12.00. 8.00, pas là… 9.00, pas là, vous faites partie de la queue de tournée, tant pis…10.00 que nenni… 11.00 Anne ma sœur Anne 12.00 rien… 13.00 toujours rien. Vous dégottez un numéro de téléphone. Des excuses bafouillées par le prestataire qui n’est ni suédois ni en lettres jaunes, on cherche, on se renseigne, c’est la faute à, c’est pas normal… Promis, ils sont là dans 1/4 d’heure.

Après avoir monté 44 paquets de tailles et formes différentes, déglingué l’ascenseur, mis en colère les voisins, vous refermez la porte sur vos livreurs providentiels. Et voilà qu’ils se mettent à la tâche. Visseuse dernier cri. Les caissons s’empilent à vitesse grand V. Epatant ! Caisson contre caisson, le meuble se dessine sous vos yeux. L’armoire est terminée. Au meuble de salon maintenant… Il est déjà 18.00. Malgré la création en mouvement permanent, vous restez lucide, un peu coincé dans votre appartement pour la journée, mais c’est la rançon de la gloire. 19.00, les livreurs-monteurs dégoulinent, le geste se fait moins précis… 20.00, vous laissez tomber, les deux dernières étagères, vous vous en chargerez. Au revoir messieurs, merci pour tout. Pas le temps, de s’extasier, vous êtes déjà en retard à votre rendez-vous.

Le lendemain, ô rage ô désespoir… En regardant de plus près, l’armoire ne ferme pas. Les tiroirs du meuble sont coincés. Bref, pas génial. On est dimanche, pas moyen de téléphoner. Lundi, excuses, on comprend, quelqu’un passera samedi prochain. C’est rien, vous vivrez dans les cartons une semaine, c’est trendy. Cette fois, vous insistez pour être en début de tournée. 7.45 l’interphone vous vrille l’oreille. Vous espérez que tout cela sera terminé vite fait bien fait. Les dégâts sont répertoriés et… le monsieur s’en va, comme ça, sans rien faire. Comprenez, ce n’est pas son boulot, lui il constate ! Nouveau coup de fil, nouvelles excuses, nouveau délai d’une semaine… Fin du marathon, trois semaines de retard. Sarajevo dans votre salon. Quatre lettres jaunes et un prestataire, cherchez l’intrus !

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